ÊTRE PARENT


 

Parents live, être parent

ÊTRE PARENT

L’évolution de la société et du modèle éducatif tend à modifier le modèle patriarcal et favorise l’émergence de nouveaux courants éducatifs. Ces différentes approches dites «  positives  » se basent principalement sur l’idée de placer l’enfant au centre des préoccupations parentales. Les différents travaux autours du développement de l’enfant et les figures d’attachement (Bowlby, Winnicott, Dolto,etc…) ainsi que l’évolution des recherches en neurosciences (Adamson, Georgieff, Gueguen) convergent vers le besoin d’une adaptation du modèle éducatif. En bref, aborder l’approche dite « positive » sans négliger l’importance du cadre, des limites et de la gestion de la frustration (Naouri).

« Le père avait une autorité de droit divin, les parents étaient guidés par des principes moraux et religieux, et jusqu’au XVIIIe siècle, les rares ouvrages de pédagogie ne s’adressaient qu’aux éducateurs extérieurs à la famille. » Source :Marie-Jo Jacquey – Revue PROJET N°276 « La cause de l’éducation »

A partir de ce constat, l‘évolution des sociétés occidentales oblige la nouvelle génération de parents à s‘adapter. Mais si l’on veut centrer l’approche éducative sur le développement de l’enfant et non (plus) sur le patriarcat et le respect sans concession de l’autorité et des aînés, cela nécessite de connaître un minimum, le développement de l’enfant, les différentes étapes, et tout ce qui tourne autour des neurosciences, de la psychologie, du développement moteur et émotionnel.

L’émergence de questionnements communs dans la majorité des cas, concernent les problèmes d’isolement et de manque de confiance en notre propre compétence éducative. Il est soulevé le besoin de bénéficier de plus d’informations et de connaissances notamment sur le développement de l’enfant. Même si il est possible de se tourner vers les professionnels (milieu médical, petite enfance, professeurs, psychologues) on peut se sentir parfois démunis face à des situations méconnues mais normales.

Prenons l’exemple de la période des 2/3 ans où l’enfant développe sa personnalité en cherchant les limites tout en ayant de forts ressentis émotionnels. Cette période est normale mais néanmoins éprouvante pour les familles. Le manque de connaissance rend la situation parfois plus compliquée qu’elle ne l’est réellement. Ce type de situation peut se désamorcer rapidement avec un peu d’information et d’exemples concrets (maturation cortex préfrontal, période d’opposition, toute puissance, oedipe, etc.) Idem pour la période de l’adolescence, période où la maturation du cerveau ainsi que les échanges hormonaux se greffent au désir fort d’affirmation de l’identité. Les deux périodes citées, sont intiment liées et les connaissances aident d’autant plus l’accompagnement du jeune individu lors de cette phase de maturation et d’éloignement. « Entre dix-huit mois et deux ans, Piaget considère que l’enfant entre dans la grande période du développement de l’intelligence symbolique, qui couvrira toute la suite du développement psychique, adolescence incluse. » Source : Daniel Calin, Adolescence et Scolarisation.


 

 


 

ETAT DES LIEUX

 

Aujourd’hui, il existe de nombreuses propositions concernant la parentalité, que ce soit de l’information ou du soutien  : institutions, associations, pôle médical, etc…

La difficulté de s’adresser à ces interlocuteurs reflète la peur d’être jugés en tant que «  mauvais parents ».   Cela sans parler  du fait que la modalité d’accès à ces dispositifs est parfois compliquée de par certaines appellations incompréhensibles ou encore les propositions sont méconnues.

«  Au sens strict, le soutien à la parentalité rassemble six dispositifs (réseaux d’écoute et d’appui aux parents (REAAP), lieux d’accueil enfants parents (LAEP), contrats locaux d’accompagnement à la scolarité (CLAS), points info famille (PIF), médiation familiale, espaces de rencontre) touchant plus d’un million de bénéficiaires, pour un coût d’environ 150 M€ en 2012. Le financement est assuré principalement par la branche famille (74 M€ par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) et 1 M€ par la Mutualité Sociale Agricole (MSA)), en second lieu par les collectivités locales (entre 40 et 50 M€) et, de manière résiduelle, par l’Etat (18 M€).  »  Source :   Rapport de l’inspection générale des affaires sociales -Evaluation à la politique de soutien à la parentalité.

Or, lorsque l’on s’adresse aux institutions pour trouver des solutions, nous sommes satisfaits dans la majorité des situations.  Il en ressort un problème de lien, de passerelle entre le besoin, la demande, la proposition et l’offre.  Par ailleurs, nous avons tendance à utiliser internet pour chercher des solutions et des réponses mais cette utilisation trouve vite ses limites.  Les nouveaux médias véhiculent énormément d’informations mais elles sont «  décontextualisées» et surtout «  déshumanisées  » dans le sens où il n’y a pas de dialogue avec des interlocuteurs directs. De plus, il y a un réel éparpillement de ces ressources.

Le besoin de capitaliser et centrer les informations est primordial. L’accès à une plateforme-ressource où l’on peut trouver autant d’informations vérifiées et fiables est un enjeu actuellement.

« Parents Live » est une action qui ne peut exister et avoir du sens que si elle est construite, réfléchie et mise en œuvre collectivement. Cette action a pour vocation de mettre en commun les expériences pour que chacun puisse apporter son témoignage et éventuellement aider d’autres parents.